Carnet de Vayage : Algérie 2002
Photographies de Hanna Zaworonko

N’y va pas ! c’est dangereux, on ne sait pas vraiment ce qui s’y passe… ". Je sais que ce n’est pas la destination préférée des français, mais la curiosité et l’envie de finir un livre consacré à la mémoire des migrants algériens, " Deux terres, mémoires pour demain. " l’ont emporté. J’y suis allée.
Je ne me rends pas compte qu’avec mes origines polonaises, un nom russe, un visa iranien sur mon passeport français que des problèmes à l’aéroport d’Alger s’annoncent…

J’observe, je n’ose pas sortir mon appareil dans la rue. Mes premières photos à Alger sont prises depuis la voiture. Devant chaque barrage de police, je range discrètement mon appareil, comme si de rien n’était.
A l’entrée de la basse Casbah, la foule est très dense, presque impénétrable. Je me sens dans la jungle des hommes.
Il n’y a pas de place pour une femme comme moi avec en plus un appareil photo. Je regarde avec un tel appétit !
Chacun me semble le personnage d’une scène immuable, avec les mêmes gestes, les mêmes paroles de marchand, de commerçant. Toujours à l’affût du passant, parfois pour lui proposer une chose, un petit rien, une montre, un bouquet de fleurs en plastique, un pantalon. Vendre est devenu le moyen d’essayer de survivre. J’ai déjà vu ça au début des années 90 en Pologne et en Russie. Je me souviens encore très bien d’une femme qui vendait un rouleau de papier toilette, je n’avais pas pu faire de photo. cela m’avait fait trop mal.

Je sais que mon appareil va déranger. Ici, de toutes façons, tout le monde se méfie de tout le monde…
Un homme vend des tortues. Je me présente, on discute. Avec un œil, j’observe un autre homme qui fait des bulles, j’ai envie de faire des photos.

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