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Ny va pas ! cest dangereux, on ne sait pas vraiment ce qui sy passe
". Je sais que ce nest pas la destination préférée des français, mais la curiosité et lenvie de finir un livre consacré à la mémoire des migrants algériens, " Deux terres, mémoires pour demain. " lont emporté. Jy suis allée.
Je ne me rends pas compte quavec mes origines polonaises, un nom russe, un visa iranien sur mon passeport français que des problèmes à laéroport dAlger sannoncent
Jobserve, je nose pas sortir mon appareil dans la rue. Mes premières photos à Alger sont prises depuis la voiture. Devant chaque barrage de police, je range discrètement mon appareil, comme si de rien nétait.
A lentrée de la basse Casbah, la foule est très dense, presque impénétrable. Je me sens dans la jungle des hommes.
Il ny a pas de place pour une femme comme moi avec en plus un appareil photo. Je regarde avec un tel appétit !
Chacun me semble le personnage dune scène immuable, avec les mêmes gestes, les mêmes paroles de marchand, de commerçant. Toujours à laffût du passant, parfois pour lui proposer une chose, un petit rien, une montre, un bouquet de fleurs en plastique, un pantalon. Vendre est devenu le moyen dessayer de survivre. Jai déjà vu ça au début des années 90 en Pologne et en Russie. Je me souviens encore très bien dune femme qui vendait un rouleau de papier toilette, je navais pas pu faire de photo. cela mavait fait trop mal.
Je sais que mon appareil va déranger. Ici, de toutes façons, tout le monde se méfie de tout le monde
Un homme vend des tortues. Je me présente, on discute. Avec un il, jobserve un autre homme qui fait des bulles, jai envie de faire des photos.
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