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De février à juillet 1904, l'aîné des trois frères Séeberger, Jules, parcourt la Butte équipé d'une chambre en bois 18x24, grâce à laquelle il fixe les rues, ruelles, places et jardins de ce quartier peu à peu gagné par l'urbanisation, mais qui garde encore par certains aspects sa personnalité d'ancien village. Au désir de constituer un reportage précis sur le vieux Montmartre, Jules Séeberger joint une préoccupation artistique qui se manifeste notamment dans le choix du cadrage et l'étude de la lumière, et une volonté humaniste dont témoigne son souci de créer des "documents vivants" où apparaissent diverses figures populaires ou pittoresques de la vie montmartroise : ménagères sur le seuil de leurs maisons , femmes élégantes, gamines dépenaillées, marchand de salade et de mouron, mendiante, porteur d'eau... Conscient d'être le mémorialiste d'un monde voué à s'effacer, il écrit : "Plus tard, dans de nombreuses années, quand cette Butte sera couverte de grandes constructions modernes, les générations futures trouveront peut-être du plaisir à regarder ce que j'ai voulu représenter : le poème du vieux Montmartre." |
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