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Dans une époque marquée par les tentations de repli des sociétés sur elles-mêmes et par l'afflux d'images témoignant de leurs déchirures, il est réjouissant de découvrir ça et là quelques indices de ce qui rapproche les hommes et les femmes, par delà leurs origines et leurs lieux de vie actuels. C'est ce sentiment, devant appeler la réflexion, que Christian Adam de Villiers souhaite faire naître à travers cette sélection d'instantanés photographiques extraite d'un travail réalisé sur trois années.
"D'Moun Bann Zil"* est un ensemble de trente photos en noir et blanc qui porte un regard sur la quotidienneté dans les trois îles des Mascareignes. Scènes de vie et portraits s'y entremêlent, volontairement sans légendes immédiatement accessibles. Il y a, de la part de l'auteur, la volonté de stimuler ludiquement le spectateur pour qu'il franchisse la distance qui sépare la simple fonction de voir de l'acte de regarder. Cela devient une invitation au jeu des devinettes du type : "Bon, ...dans laquelle des trois îles a été faite cette image?...". Surgit alors l'impression que les sociétés réunionnaise, mauricienne et rodriguaise constituent une communauté composite, certes, mais indéniablement marquée, d'une île à l'autre, par un air de famille "mascarin" tout à fait unique.
Les Mascareignes ...trois îles soeurs dont les destinées portent encore les marques d'un passé mouvementé, comme si les vagues que les migrants successifs ont eu à surmonter avant d'atteindre ces rivages s'étaient propagées en échos dans le coeur et la mémoire des générations suivantes.
(*): "D'Moun Bann Zil" se traduit du Créole par "Les Gens des Îles"
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